Les changements climatiques
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Les changements climatiques

En quelques mots
Le climat d’une région détermine de façon importante la composition des espèces animales et végétales qui y vivent. Lorsque le climat change rapidement à l’échelle du globe, les espèces n’ont que peu d’options : migrer, s’adapter ou s’éteindre. Les changements climatiques affectent et aggravent toutes les menaces qui pèsent sur la biodiversité, en faisant désormais le principal péril pour les espèces de la terre.  

Survol de la situation
Les perturbations climatiques rapides qui affectent la terre et qui sont observées depuis une trentaine d’années bouleversent profondément le monde vivant. Depuis la révolution industrielle, aux alentours de 1750, notre monde est en pleine transformation et le climat change avec lui : la température moyenne à la surface de la planète s’est réchauffée de 0,74 °C. Les projections dans l’avenir portent ce réchauffement de 2,4 ºC à 6,4 ºC d’ici 2100. Quant au principal gaz qui cause ce réchauffement, le dioxyde de carbone, ou CO2, sa concentration sera bientôt de 395 parties par million (ppm), soit 115 ppm de plus qu’avant l’âge industriel (280 ppm). Jamais, au cours des 800 000 dernières années, n’y a-t-il eu autant de CO2 dans l’atmosphère terrestre. Le taux actuel de CO2 pourrait n’avoir jamais été aussi élevé depuis 20 millions d’années, ou même plus, selon certaines études!

MIGRER
Le réchauffement climatique transforme les écosystèmes où vivent les espèces. Les écosystèmes peuvent être affectés de plusieurs manières : – les températures moyennes peuvent réchauffer ou, dans certains cas, refroidir les habitats; – les précipitations moyennes peuvent augmenter ou diminuer; – les périodes moyennes d’ensoleillement peuvent également être modifiées durablement, affectant le régime des températures et des pluies.

Dans ces conditions changeantes, les espèces sont portées à bouger pour demeurer dans les milieux auxquels elles se sont adaptées. Il est important de distinguer ces migrations climatiques permanentes des migrations saisonnières que l’on observe chez plusieurs espèces, telles les outardes ou les baleines. Il existe deux grands types de migration vers la fraîcheur liés aux changements climatiques : la migration altitudinale (migrer vers les hauteurs) et la migration latitudinale (migrer vers les pôles). Déjà, les chercheurs de par le monde observent ces deux types de comportements migratoires, chez les oiseaux, les poissons et les insectes notamment.

Toutefois, dans un monde où les habitats sont fragmentés et où bien des forêts sont entourées par des routes et des champs agricoles, les migrations pour les espèces terrestres sont plus difficiles qu’elles ne l’étaient jadis.

S’ADAPTER
Un changement rapide des conditions qui prévalent dans un milieu ajoute, dit-on dans le jargon scientifique, des « pressions sélectives » sur les espèces. Cela signifie que certaines espèces mieux aptes ou mieux adaptées que d’autres à leur milieu auront davantage de chance de survivre à ces changements que les autres espèces. De plus, au sein d’une même espèce, les individus qui présentent des traits qui les avantagent par rapport à d’autres individus s’en sortiront probablement mieux qu’eux.
et que, au sein d’une même espèce, certains individus qui présentent des traits qui les avantagent sur d’autres s’en sortiront probablement mieux. Ce sont là les grandes lignes de la sélection naturelle, un mécanisme qui façonne profondément la diversité des espèces et dont la découverte remonte au 19^e^ siècle, avec Charles Darwin et Alfred Wallace.

Or, l’évolution au gré des adaptations est un phénomène qui prend du temps alors que les changements climatiques actuels se produisent avec une grande rapidité. Un tel rythme n’a jamais été vu, en fait, depuis 55 millions d’années, soit lors de la formation de l’océan Atlantique. Pour survivre dans un environnement qui change rapidement, les espèces doivent, elles aussi, s’adapter rapidement. Cela se produit notamment lorsque les espèces évoluent par hybridation, c’est-à-dire par l’accouplement des membres de deux espèces proches, mais distinctes, comme c’est peut-être le cas pour les ours polaires et les grizzlys. Cependant, si des adaptations peuvent se faire par hybridation à l’échelle des individus, il semble improbable qu’une telle adaptation ne puisse toucher l’espèce tout entière. Les données fossiles montrent que les espèces ont davantage tendance à suivre les climats auxquels elles sont habituées, donc à migrer, plutôt que de demeurer fixes et de tenter de s’adapter à de nouvelles conditions climatiques.

Les changements climatiques affectent également la phénologie des milieux naturels, c’est-à-dire le retour cyclique de certains phénomènes tels la fonte des neiges, le bourgeonnement des arbres, la floraison des plantes à fleurs, l’apparition des larves d’insectes, etc. Ces retards ou ces devancements, parfois de plusieurs semaines par rapport aux normales de saisons, constituent des contraintes supplémentaires à l’adaptation des espèces.

On a déjà observé des changements dans les dates de floraison et les régimes migratoires, ainsi que dans la répartition des espèces, partout dans le monde. En Europe, le début de la saison de croissance a avancé de 10 jours, en moyenne, au cours des quarante dernières années. Ce type de changements peut affecter toute la chaîne alimentaire et créer des décalages au sein des écosystèmes dans lesquels différentes espèces ont développé des interdépendances synchronisées (lorsque des espèces dépendent l’une de l’autre à un moment bien précis). Les projections indiquent que les changements climatiques provoqueront la modification des aires de répartition des organismes porteurs de maladies, mettant potentiellement en contact ces organismes avec des hôtes qui n’ont pas développé d’immunité contre ces maladies. Les habitats d’eau douce, les zones humides, les mangroves, les récifs coralliens, les écosystèmes arctiques et alpins, les terres arides et semi-arides ainsi que les forêts de brouillard sont particulièrement vulnérables aux impacts des changements climatiques. 

S’ÉTEINDRE
L’extinction est le sort qui attend les espèces qui n’auront su ou qui n’auront pu faire face aux menaces qui pèsent sur elles. Et, en fait de menaces, les changements climatiques sont globaux, durables et profonds. L’on commence à documenter les premières espèces dont l’extinction est probablement attribuée aux changements climatiques. C’est le cas de l’escargot d’Aldabra (Rachistia aldabrae). Cet escargot, qui n’existait nulle part ailleurs que sur l’île d’Aldabra, second plus grand atoll corallien de la planète, situé dans la partie ouest de l’archipel des Seychelles, dans l’Océan Indien, s’est éteint dans les années 1990. On attribue sa disparition au niveau élevé de mortalité des bébés en raison des pluies moins fréquentes, elles-mêmes causées par les transformations climatiques qui affectent cette région.

De nombreuses espèces sont excessivement vulnérables aux changements de température. C’est particulièrement le cas des espèces polaires et alpines. Ce sont les premiers groupes à avoir subi une contraction de leur habitat et à être confrontés à l’arrivée d’espèces venues des climats plus tempérés. Les espèces marines sont, elles aussi, fort exposées aux risques d’extinction. D’une part, les récifs de corail sont susceptibles d’être foudroyés par des épisodes de blanchiment. D’autre part, l’acidification des océans, une autre conséquence du CO2 émis en quantité par les activités humaines, met en péril la formation de petits organismes carbonés à la base de la chaîne alimentaire.

Exemples de menaces liées aux changements climatiques – Sécheresse – Inondation – Désertification – Transformation des écosystèmes (ex. : passer de forêt à savane) – Extinction des climats  – Migrations humaines et conflits autour des ressources (ex. : eau douce) – Acidification des océans

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