Milieu de nulle part

Par Andrée-Anne Duplain | 23 mai 2012| Transit de Horta à Saint-George
582 - I - Crédit photo Olivier Lamarre Crépuscule du milieu de nulle part Crépuscule du milieu de nulle part
584 - I - Crédit photo Sophie Tessier Ascension Ascension
583 - I - Crédit photo Olivier Lamarre Le Sedna IV au travers les rayons du soleil Le Sedna IV au travers les rayons du soleil
581 - I - Crédit photo Julie-Sophie Tremblay Salutations d’un cachalot Salutations d’un cachalot
580 - I - Crédit photo Cachalot qui souffle Cachalot qui souffle
Écho Action est un programme qui vous propose des trucs pour passer le mot sur la biodiversité. En savoir plus

Du haut du mât de misaine, la vue est magnifique. À cette heure du crépuscule, le ciel prend une teinte mauve qui enveloppe doucement la chaude lueur du soleil disparaissant. Seule à une hauteur de trente-huit mètres au-dessus de l’océan Atlantique, il est facile de constater la petitesse du voilier. La limite du regard se perd à une distance telle, qu’il est presque possible de voir la courbure de l’horizon et de constater que la terre est bel(le) et bien ronde.

Je ne suis pas dans ce mât sans raison, j’ai pour mission de faire la vigie et d’indiquer les déplacements d’une baleine aperçue plus tôt. Le but est de nous en approcher, de la voir de plus près, et ainsi, de l’identifier. La curiosité entraine l’excitation, ce qui est normal lorsque nous avons la chance d’observer un tel mammifère. L’approche crée donc un branlebas au cours duquel, les uns s’emparent des jumelles, les autres d’appareils photo, les radios sont distribuées, le bateau pneumatique prêt à être mis à l’eau. Mais, je suis déjà au sommet du mât, loin de toutes ces activités. Je suis tentée de redescendre et de partir en zodiac, pour avoir la chance d’être aux premières loges. Je décide pourtant de rester dans la misaine. Bien m’en a pris.

C’est en ce haut lieu que j’ai droit au spectacle : un cachalot, à une dizaine de mètres du navire, avance dans la même direction que nous. Je peux discerner sa forme sous l’eau, la texture et les nuances de couleurs sur sa peau. À un moment, il plonge, fait une pirouette et repart en sens inverse du navire en longeant de côté la coque, me permettant de voir, pour la première fois, une baleine dans son ensemble : sa gueule, sa nageoire pectorale et une partie de son ventre. Elle est énorme et tellement élégante.

Je n’avais pas d’appareil photo avec moi et je suis contente d’avoir vu ce ballet aquatique, non au travers de la lentille, mais simplement avec mes yeux, sans désir de l’immortaliser, seulement d’en profiter.

La vie est belle !

« précédent suivant »
Commentaires0
Merci de votre participation. Veuillez prendre note que votre commentaire sera modéré avant publication.
Ajoutez votre commentaire