Une fin et un début sur les quais de Montréal

By 1000 jours | 28 November 2014| Le Saint-Laurent
4436 - I - Photo credit Samantha McBeth Les voiles sont décrochées en préparation à l’hivernage du Sedna IV. Les voiles sont décrochées en préparation à l’hivernage du Sedna IV.
4435 - I - Photo credit Samantha McBeth Lever de soleil sur le fleuve, notre dernier avant la fin. Lever de soleil sur le fleuve, notre dernier avant la fin.
4434 - I - Photo credit Samantha McBeth Premières lueurs à Sorel-Tracy. Premières lueurs à Sorel-Tracy.
4433 - I - Photo credit Samantha McBeth Jour de tournage avec les rorquals à bosse. Jour de tournage avec  les rorquals à bosse.
4432 - I - Photo credit Samantha McBeth À la recherche de baleines! À la recherche de baleines!
4431 - I - Photo credit Samantha McBeth David Gaspard du MICS au poste de vigie, du haut mât. David Gaspard du MICS au poste de vigie, du haut mât.
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Doucement, en catimini, le Sedna IV arrive à Montréal. Certains membres de l’équipage sont montés en haut des mâts, passant sous le pont Jacques-Cartier, saluant timidement de la main les automobilistes ralentis sur l’énorme structure d’acier. Je suis à mon poste, à la proue du bateau, prête à donner un coup de main pour l’amarrage. D’abord matelot improvisé, j’ai graduellement développé mon aisance sur le pont. Appprentissage inattendu, ce métier de marin. Mes mains portent les traces des amarres, mes doigts connaissent le chemin pour lier quelques nœuds et mes gestes suivent les instructions appelées dans un langage qui ne m’est plus étranger. Quand j’ai écrit mon premier journal en juillet (Une fin et un début sur les quais d’Halifax,) je m’attendais à aimer l’aventure, le voyage, l’exploration. Je ne m’attendais pas à autant aimer cette vie sur l’eau.

En cette fin de voyage, je me sens un peu nostalgique. L’Arctique canadien était d’une beauté à couper le souffle, énorme, sauvage et éternel. Malgré cela, il donne aussi l’impression d’être délicat et si fragile que les splendides panoramas de glace ne seront plus là le jour où j’y retournerai. Car je retournerai dans la Haute-Arctique, je me suis fait cette promesse. Cette conclusion marque aussi le début d’une histoire d’amour avec le fleuve Saint-Laurent, fier cœur battant du Québec si important pour nous, si important pour les espèces qui y vivent. Je me promets également de retourner visiter le Bas du Fleuve, son estuaire magnifique et les gens généreux qui le peuplent.

Le matelot que j’assiste, Andrès, se retourne vers moi. « Nous voilà à notre dernière manœuvre d’accostage ensemble, » dit-il un peu tristement. Le Sedna IV se dirige vers son dernier quai, son dernier port avant son hivernage. Un repos bien mérité pour le grand voilier, clôturant la Mission 1000 jours pour la planète. Cette expédition commencée en avril 2012 a vu passer 70 000 kilomètres de mer sous sa coque, son ancre jetée dans plus de 15 pays. Mais voilà que la partie navigation de la mission est terminée. Le Sedna IV amarré solidement sur place est maintenant à l’heure des adieux. C’est avec le cœur gros que je souhaite un bon futur à ce brave équipage qui est devenu ces derniers mois un peu comme ma famille. Aucun de nous n’est resté inchangé sur le Sedna IV. Nous voilà conscientisés, armés d’un désir féroce de protéger cette magnifique planète que nous avons eu la chance inestimable d’explorer. Comme nous a expliqué David Suzuki lorsque nous l’avons croisé à Québec : « la Nature est d’une robustesse étonnante, elle est encore capable de se reprendre en main et de nous surprendre. Tout ce qui nous reste à faire, c’est de lui laisser la chance. » Alors, mes chers matelots virtuels, poursuivons notre mission au-delà de 1000 jours et offrons à cette planète la nouvelle vie qu’elle mérite!

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