Dépaysement québécois

By Samantha McBeth | 17 October 2014| Le Saint-Laurent
4429 - I - Photo credit Samantha McBeth Un coucher de soleil de feu devant les îles Mingan Un coucher de soleil de feu devant les îles Mingan
4428 - I - Photo credit Wikimedia Commons Monolithe de calcaire sur Commons sur l'archipel des îles Mingan Monolithe de calcaire sur Commons sur l'archipel des îles Mingan
4427 - I - Photo credit Hélène Grenier Macareux moines sur les falaises de l'île aux Perroquets Macareux moines sur les falaises de l'île aux Perroquets
4426 - I - Photo credit Wikimedia Commons Aurore boréale Aurore boréale
Écho Action est un programme qui vous propose des trucs pour passer le mot sur la biodiversité. En savoir plus

Avez-vous déjà vécu un dépaysement au Québec? Peut-être à Gaspé ou aux Îles-de-la-Madeleine ou peut-être même avez-vous eu la chance de visiter le Nunavik? Après avoir vu Anticosti, cette grande île du fleuve Saint-Laurent qui semble située au bout du monde, j’avais pensé avoir atteint le sommet de l’exotisme au sein de notre belle province. Malgré cela, c’est une autre destination qui m’a vraiment fait vivre cette expérience : la Minganie.

Nous sommes arrivés aux premières lueurs du jour, la belle goélette navigant agilement parmi les nombreux hauts-fonds et îles de l’archipel de Mingan. Les falaises de l’île aux Perroquets se dressaient devant nous, les perchoirs de roche curieusement vides en l’absence des résidents habituels au bec coloré. En effet, une grande colonie de macareux moines habite l’île en été, et c’est d’ailleurs la forme et la couleur du large bec de ces petits oiseaux noirs et blancs qui suggéra le nom à l’île aux Perroquets. Les macareux moines se déplacent vers le large en prévision de l’hivernage des petits. C’est la raison pour laquelle à notre arrivée en octobre, il ne restait plus que le grand phare.

Accosté au petit quai tout neuf de Mingan, le Sedna IV reçut rapidement des visiteurs. Un pêcheur de bourgots ( buccins communs ) et sa famille nous ont accueillis en canot et plusieurs membres de la communauté innue locale nous ont souhaité la bienvenue. Des enfants souriants nous implorèrent même de faire la visite du bateau, en échange de leur aide pour explorer les environs.

L’épaisse forêt boréale de la Côte-Nord se rend presque à la mer ne laissant qu’une étroite bande de sable pour tracer la frontière entre conifères et eaux salées. Ces plages de Mingan étaient recouvertes de coquilles de pétoncles et de buccins. Les phoques gris se sont approchés pour nous observer avec curiosité, la tête hors de l’eau, alors que les oiseaux de rivages fuyaient à notre passage. À partir de Longue-Pointe-de-Mingan, nous avons contemplé un coucher de soleil de feu sur une mer d’huile. Ces îles aux falaises de calcaire parsemées dans la baie provoquèrent chez nous l’envie d’aller explorer ce décor insolite en kayak, en compagnie des phoques. Le chemin de retour s’est fait la nuit, notre chemin éclairé par de rayonnantes aurores boréales d’un vert vif, telle une voile diaphane suspendue dans le ciel.

C’est la beauté de ce secteur qui a incité la création de la réserve du parc national de l’Archipel-de-Mingan. Les îles sont célèbres pour leurs monolithes de calcaire, véritables sentinelles de pierre sculptées par le vent et par les flots. Leurs formes imposantes me rappellent encore aujourd’hui les hoodoos que nous avions rencontrés sur Bylot, dans l’Arctique canadien. Comme pour faire croire que les esprits de la nature auraient aussi façonné cette terre québécoise…

Ce magnifique endroit, comme plusieurs autres au sein du golfe et du fleuve Saint-Laurent, est en changement. La Station de recherche des îles Mingan (le MICS que nous connaissons bien grâce à notre quête pour la baleine bleue en septembre) a été établie ici en 1979. La raison était simple. On pouvait voir une grande quantité de baleines devant le village! Au cours des dernières décennies, la dynamique des courants dans le Saint-Laurent semblerait avoir été modifiée entre autres par l’apport plus important d’eau froide provenant du courant du Labrador. Ce qui pourrait avoir entraîné le déplacement des stocks de nourriture, comme le krill. Maintenant, l’observation des baleines se ferait près d’Anticosti et de Gaspé. L’archipel des îles Mingan est maintenant beaucoup moins visité par les baleines. Le déplacement du krill serait une des raisons pour laquelle nous avons tellement de difficultés à repérer les cétacés!

« previous next »
Comments0
Thank You. Please note that your comments will be moderated.
Add a comment